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    Là où le présent rencontre le passé - ISSN 2562-7716

    Sexe et politique au Maroc : des liaisons dangereuses

    Osire Glacier, professeure,?Département d’histoire,?Université Athabas

     

    Introduction

    En octobre 2018, un procès sème le doute au sein de l’opinion publique au Maroc sur l’intégrité de Taoufik Bouachrine, rédacteur en chef du célèbre quotidien arabophone?Akhbar al-Yaoum. La Cour d’appel de sablan l’a condamné à quinze ans de prison ferme et 255 000 euros d’amende pour traite d’êtres humains, abus de pouvoir à des fins sexuelles, viol et tentative de viol[1]. Certes, l’accusation de traite humaine paraissait invraisemblable pour la majorité du public. Bouachrine était l’un des rares éditorialistes du pays qui osait critiquer sans macher ses mots les politiques publiques poursuivies par l’élite dirigeante. Par contre, l’accusation concernant le fait qu’il ait utilisé son statut professionnel pour l’obtention de faveurs sexuelles, notamment auprès de journalistes débutantes, semblait crédible. Après tout, les structures patriarles, avec leur logique de prédation sexuelle masculine et de victimisation des femmes, sont bien ancrées dans les mentalités. Selon les statistiques du Forum économique mondial, le Maroc se classe 144e?parmi 156?nations en matière d’égalité entre les sexes[2]. Or, figurent parmi les conséquences des construits patriarux, la féminisation du ch?mage[3], les discriminations à l’égard des femmes sur le marché du travail[4], la banalisation des violences à leur égard, y compris celles à ractère sexuel[5]. Résultat, le procès de Bouachrine a précipité une partie de la population dans un conflit moral, à savoir?l’option de soutenir la liberté d’expression d’un journaliste audacieux ou celle de dénoncer les violences qu’il aurait prétendument perpétrées à l’encontre des femmes.??

    Pendant que l’opinion publique tentait de se positionner face à ce conflit moral, une autre arrestation, survenue à moins d’un an d’intervalle, change la donne. En septembre 2019, Hajar Raissouni, journaliste pour?Akhbar al-Yaoum, soit le quotidien que Bouachrine dirigeait avant sa détention, a été condamnée à un an de prison[6]. La jeune femme est accusée d’avoir pratiqué un avortement illégal et d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage. En effet, tout rapport sexuel en dehors du mariage est criminalisé[7] ; de même, l’avortement est prohibé, sauf si la vie de la mère est en danger[8]. Mais il faut se souvenir que la journaliste a couvert des mouvements de protestation sociale, dont le Hirak Rif en 2017[9], le Hirak de la soif à Zagora en 2017[10]?et le Hirak Jerada en 2018[11]. Elle a aussi dénoncé les violences commises par la police à l’encontre des manifestants et manifestantes, pourtant pacifiques, ainsi que l’arrestation abusive de certains et certaines d’entre iels. à la suite d’une mobilisation nationale et internationale d’envergure, Raissouni a été graciée par le roi Mohammed?VI en octobre 2019.??

    C’est en 2020 que s’est posée avec acuité au sein de l’opinion publique la problématique de l’instrumentalisation des affaires de m?urs par le système judiciaire, dans le dessein délibéré est de baillonner les voix critiques du régime. En mai, Soulaimane Raissouni, oncle de Hajar Raissouni mentionnée ci-dessus, aussi journaliste et rédacteur en chef, a été arrêté. Accusé d’agression sexuelle à l’encontre d’un jeune militant LGBTQ, il a été condamné à cinq ans de prison et 9500?euros d’amende[12]. Rappelons qu’après la détention de Bouachrine, Raissouni a assumé la direction d’Akhbar al-Yaoum, quotidien dans la mire des autorités en raison de sa ligne éditoriale critique du régime. Quelques mois plus tard, soit en juillet, le journaliste d’investigation Omar Radi a été arrêté à son tour et condamné à six ans de prison et 19 000 euros d’amende pour espionnage et viol[13]. Mentionnons qu’il s’intéressait particulièrement à la mainmise des élites politiques sur l’économie du pays[14]. Dans une célèbre enquête, il a documenté, chiffres à l’appui, l’appropriation des terres des citoyens et citoyennes ordinaires par ces élites[15].??

    Dans cet article, je propose de démontrer que la criminalisation des journalistes et des activistes, entre autres, pour des raisons d’ordre sexuel, se situe dans le continuum patriarl et historique de l’appropriation du corps des femmes. Sans conteste, toute plainte pour viol et autres violences sexuelles doit être prise au sérieux, et donc faire l’objet d’une enquête judiciaire aussi minutieuse qu’exhaustive. Cela dit, les procès alliant dangereusement sexe et politique que le Maroc a connus lors des dernières années indiquent que l’état vise à faire d’une pierre deux coups, à savoir baillonner les voix critiques du régime d’une part, et projeter l’image d’un état protecteur des femmes d’autre part, alors qu’en réalité, il jugule le processus de démocratisation dans la nation, tout en discréditant la use des femmes et celle des victimes de viol.??

    Au préalable, une remarque d’ordre méthodologique?s’impose?: si j’ai privilégié un style accessible au public dans ce texte, j’adhère aux approches féministes de l’état[16], qui considèrent que les institutions de l’état ainsi que leurs pratiques se basent sur des conceptions particulières de la masculinité, et inversement, de la féminité. D’où l’institutionnalisation de la hiérarchie dans les sphères privée et publique, de la vertilité des rapports sociaux et politiques, de la violence et de la répression des voix critiques du régime. Enfin, ce texte se situe dans la continuité des historiographies féministes qui soutiennent que l’étude de toutes les formes de pouvoir doit impérativement inclure des théories portant sur la sexualité et sur la hiérarchie entre les genres[17].???En d’autres mots, la sexualité et les rapports entre les genres s’inscrivent pleinement dans les champs du politique et de l’histoire politique. D’ailleurs, comme je propose de le montrer en deux volets dans cet article, le viol et les menaces de viol jouent un r?le central dans l’histoire récente des luttes pour le pouvoir au Maroc.?

    Un génocide nadien ? Le débat historiographique et l’enseignement de l’histoire*

    Kamloops Residential School, c. 1930s. BC Archives, B-01592.

    Lisa Chilton, professeure au département d’histoire de l’Université de l’?le-du-Prince-édouard

    Depuis 2003, j’enseigne chaque année au moins un des cours d’histoire nadienne donnés à l’Université de l’?le-du-Prince-édouard. L’histoire du nada avant et après la Confédération est un cours obligatoire pour les étudiant.e.s en histoire de l’UPEI. Ces cours attirent également un grand nombre d’étudiant.e.s à la recherche de cours optionnels. Au cours des deux dernières décennies, cet enseignement m’a donné d’innombrables ocsions de tenter de donner un sens au passé afin de partager cette compréhension avec les étudiant.e.s, éclairant et nourrissant leurs propres questionnements. Alors que nous naviguons dans un climat sociopolitique polarisé qui classe les différents points de vue dans des ? mps ? opposés, y a-t-il quelque chose de plus précieux à partager aux étudiant.e.s qu’une pensée critique rigoureuse ?

    Compte-rendu de : simir, Jean (2018). Une lecture décoloniale de l’histoire des Ha?tiens. Du traité de Ryswick à l’occupation amériine (1697-1915)

    Par Thamara Labossière, doctorante en service social à l’université d’Ottawa

    Le livre Une lecture décoloniale de l’histoire des Ha?tiens. Du traité de Ryswick à l’occupation amériine (1697-1915) de Jean simir marque, selon moi, un tournant dans l’appréhension de l’histoire du peuple ha?tien. Ce livre a été publié en 2018 par L’Imprimeur. Il est préfacé par Walter Mignolo, un chercheur du courant décolonial et postfacé par Michel Hector, un historien Ha?tien. L’auteur, Jean simir est sociologue et enseigne à l’Université d’état d’Ha?ti depuis 2001[1]. Adoptant une posture décoloniale, l’auteur invite à analyser la situation historique d’Ha?ti et la nature de la société postcoloniale ha?tienne avec d’autres tégories de pensée que celles issues de l’occidentalocentrisme. Selon moi, l’intérêt de cet ouvrage, dans une conjoncture où la société ha?tienne fait face à une crise multidimensionnelle (politique, sociale, culture, économique) consiste en l’importance accordée à un ensemble d’acteurs (les paysans.nes) qui est souvent absent de l’historiographie ha?tienne ou dont les actions sont lues à travers une perspective occidentale. Cet ouvrage offre des pistes pour penser une société ha?tienne dans laquelle toutes les tégories sociales ont leur place, sont valorisées et sont écoutées.

    à travers les dix (10) chapitres de l’ouvrage, l’auteur propose une méthodologie et une épistémologie historique originale pour étudier une tranche de l’histoire des Ha?tiens.nes, allant du Traité de Ryswick (1697) qui officialise l’installation de l’administration fran?aise dans la partie ouest de l’ile de Saint-Domingue, aujourd’hui Ha?ti, jusqu’à la première occupation étasunienne d’Ha?ti (1915). Cette approche lui permet de mettre en évidence l’autonomie des forces populaires ha?tiennes et la continuité de leur lutte du monde colonial au monde indépendant. De cette manière, il ne fait pas une analyse évènementielle, mais choisit de suivre l’évolution historique du mouvement de ces forces populaires. Par ailleurs, il pense l’état d’Ha?ti à travers une conceptualisation de la rupture de la nation ha?tienne avec la France et non par la déclinaison d’un ensemble de faits historiques ou en comparaison à d’autres environnements politiques nationaux. Ceci permet de comprendre, d’une part, comment se transporte l’anéantissement des droits de la population du XVIIIème au XIXème siècle et, d’autre part, comment les ptifs – et plus tard le peuple souverain – arrivent à exercer leurs droits en dépit des restrictions et des barrières du régime colonial, esclavagiste et de l’état colonial d’Ha?ti.

    Les pointillés et les pattes de mouche

    Par mille Simard

    La maison de Denise Sauvageau, sise sur la rue principale d’un village de la région de Portneuf, fait l’objet d’un soin ravissant. Dans la cuisine adjacente au salon, la lumière naturelle se dépose sur un intérieur aux allures de musée domestique. Il y a d’abord la collection d’horloges qui compte 83 items, puis celle de salières et de poivrières s’élevant au nombre de 1388. Le mari de Denise (feu Gilles) a fait rrière dans la taille de la pierre et un couple de salière et de poivrière a même jailli de cette noble matière première. Au c?ur de cet assemblage, il y a aussi (et surtout) la collection de rnets ayant appartenu à Denise tout au long de sa vie. à chaque sujet son journal, et il ne faudrait surtout pas se retrouver sans crayon ni papier au deuxième étage de la maison alors qu’une nouvelle idée jaillit. C’est pourquoi ?Il y a des rnets partout!?. Ce rapport à l’écriture si quotidien et, surtout, si urgent me charme au plus haut point. Je m’aventure : ?Sans être trop indiscrète… quel est le contenu des rnets?? Denise me répond que chaque jour, elle rapporte la température, les prix des biens et des services, les principaux événements ayant eu cours dans sa journée et dans l’actualité en général (par exemple : Le 6 octobre 2016, ouragan Matthew en Floride). ?J’marque toute, j’ai toujours fait ?a.? Elle tache de ne pas faire de fautes d’orthographe : dans le doute, elle utilise un dictionnaire. à la fin de chaque rnet, elle revient sur les points saillants de celui-ci, dans une sorte de conclusion partielle. Bien qu’écrire soit, de son propre aveu, une seconde nature, j’en comprends que l’écriture a ici une fonction inexorablement utilitaire. Je dois admettre que j’en suis déconcertée. ?Que des faits Denise?? ?Oui, la vérité, rien que la vérité! Quand mes frères et s?urs [elle en compte 18] m’obstinent sur des dates, je leur sors mes rnets.? Malgré mon étonnement – mes propres rnets sont gorgés d’interprétations, d’émotions et autres analyses lyriques de la réalité – j’estime fascinante la démarche de traqueuse du quotidien de Denise. Et si le tri des faits, à l’échelle de notre vie, n’était-il pas l’ultime déploiement de notre subjectivité? Si les compétences de diariste de Denise n’étaient-elles pas magnifiquement exploitées par sa grande pacité de remémoration? Bref, que valent les archives de cette dame née en 1933 et que l’avenir leur réserve-t-il?

    Passer à la suivante 

    L’historienne et professeure retraitée de l’Université McGill, Andrée Lévesque, a fondé en 2010 les Archives Passe-Mémoire, un centre d’archives biographiques qui compte aujourd’hui près de 80 fonds. Ceux-ci renferment des journaux intimes, des autobiographies et des correspondances, documents dont le destin ne sera pas, a priori, d’être publiés par une maison d’édition. Ce sont des matériaux bruts, des fonds de plard – pour rapporter les propos d’Andrée – qui sont cependant loin d’être des rebuts. Inédite, cette configuration? Au nada, oui, mais pas dans le monde. L’inspiration de la spécialiste en histoire des femmes provient de sa rencontre, dans les années 1990, avec le professeur Philippe Lejeune, fondateur de l’Association pour le patrimoine et l’autobiographie (APA). à Paris, Lejeune entreposait des journaux personnels glanés ?à et là en se disant qu’ils revêtaient certainement une valeur.

    Retour sur l’atelier ? Le colonialisme d’implantation au Québec: un impensé de la recherche universitaire? ? ?(25-26 novembre 2021)

    Par Kathleen Villeneuve, ndidate à la ma?trise en histoire à l’Université de Montréal

    Du 25 au 26 novembre 2021 s’est tenu, à l’Université de Montréal, l’atelier ? Le colonialisme d’implantation au Québec : un impensé de la recherche universitaire? ?. Organisés par les professeur.es therine Larochelle et Ollivier Hubert, ces échanges avaient pour but de faire un état des lieux du champ d’étude sur le colonialisme d’implantation qui, mieux développé ailleurs, est encore balbutiant au Québec. L’atelier était ainsi pensé comme un premier pas vers le développement potentiel d’un champ d’étude sur le colonialisme québécois, dans un contexte où ? l’agnosie coloniale[1] ? limite encore les débats, dans cette province peut-être plus qu’ailleurs. Les présentations ont été regroupées en panels thématiques représentant les lieux physiques ou symboliques à travers lesquels le colonialisme d’implantation se fraie un chemin.

    Les mots

    D’entrée de jeu, Philippe Néméh-Nombré invite à repenser le lexique conceptuel du colonialisme d’implantation/de peuplement, traduction francophone des settler colonial studies. Les mots participant à la production du sens des objets qu’ils représentent, il importe de porter attention aux termes choisis pour désigner des réalités complexes et chargées. Tandis que les chercheuses militantes autochtones et racisées du tournant du 21e siècle mobilisaient des concepts sans ambigu?té pour exprimer la dimension destructrice et violente du projet colonial – ? conquête ?, ? impérialisme ?, ? génocide ? –, le champ des settler colonial studies, développé dans le milieu universitaire australien puis exporté à l’international, s’éloigne de ces termes en les absorbant dans l’expression du settler colonialism, que Néméh-Nombré considère trop neutre. S’appuyant sur les réflexions de Joanne Barker, qui remarque que le terme ? settler ? renvoie à la réconciliation, à l’entente, à la résolution, le chercheur propose d’étendre l’analyse au lexique conceptuel francophone du colonialisme d’implantation/de peuplement et à l’imaginaire qu’il convie. Tandis que le terme ? implantation ? signifie, dans son acception la plus commune, l’action de s’introduire ou de s’installer, celui de ? peuplement ? réfère à l’action de peupler, d’accro?tre délibérément la population d’un territoire. Ces notions renvoient à des processus créateurs et productifs, donc positifs, tout en évacuant la dimension violente et destructrice du colonialisme. Ces choix lexiux représentent ainsi une forme d’euphémisation du processus colonial, un effacement de la ? violence des antagonismes ? qui compromet une démarche réellement décoloniale. En contexte québécois, cette modération du langage court le risque additionnel d’alimenter le mythe encore très présent du métissage harmonieux et de la proximité entre colons fran?ais et Autochtones.

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